* Remise à l’eau
Regarder l'outil que j'ai dans ma main.... je n'ai pratiquement pas manipulé le poisson et il est resté dans l'eau !!!
: Son efficacité et comment la pratiquer Par Patrick Savard/Marc Thorpe par Marc Thorpe, 17 avril 2011, à 09:06
Les
pêcheurs qui font de la remise à l’eau sont de plus en plus nombreux chaque
année. Toutefois, on sait pertinemment qu’un certain pourcentage des poissons
graciés mourront des suites de cette pratique. Parfois, on se demande aussi
quelles sont les meilleures techniques et équipements à utiliser afin de
maximiser les chances de survie des poissons qu’on relâche. De très nombreux
scientifiques se sont penchés sur la question, et les experts du gouvernement
ontarien ont produit un rapport détaillé sur les différentes espèces et les
différentes variables en jeu lors d’une remise à l’eau. Vous trouverez
ci-dessous une traduction de ce rapport public, qui nous éclaire sur bien des
points fascinants et nous porte à la réflexion sur certaines de nos habitudes. Bonne
lecture!
Pêche
avec remise à l’eau : Guide des techniques de manipulation appropriée du
poisson
S.J.
Casselman Section des pêches Ministère des Ressources Naturelles de l’Ontario
Juillet 2005
Sommaire :
Les pêcheurs pratiquent de plus en plus la prise et remise à l’eau du poisson
vivant. Cette augmentation a deux raisons : les pêcheurs considèrent que la
technique va dans le sens de la conservation et les gestionnaires des pêches la
prescrivent. Malgré le recours très fréquent à la prise et remise à l’eau, il
existe en règle générale un manque de compréhension concernant la mortalité
qu’elle engendre et l’incidence que peut avoir la variété des techniques sur le
taux de mortalité.
Heureusement,
l’élargissement de cette pratique par les pêcheurs a coïncidé avec des
recherches poussées dans ce sens. Quoique la majorité des études à ce jour
aient porté sur des espèces particulières, il est possible de faire des
recommandations d’ordre général en fonction des renseignements disponibles.
Bien
que la pêche avec remise à l’eau soit physiologiquement stressante, ce stress
et par conséquent la mortalité peuvent être minimisés si on respecte certaines
directives générales. Les pêcheurs doivent posséder du matériel de pêche
approprié à l’espèce pêchée, permettant ainsi une capture rapide. L’usage
d’hameçons sans ardillons et d’hameçons circulaires devrait être envisagé afin
de réduire le temps de remise à l’eau requis. Le poisson devrait passer un
minimum de temps hors de l’eau et être relâché rapidement. On doit tenir compte
de la profondeur de la capture, de l’emplacement de l’hameçon et de la quantité
de sang perdu avant de décider si un poisson doit être remis à l’eau ou non.
Le
poisson sera blessé le moins possible si l’opération de prise et remise à l’eau
est effectuée correctement. Cette pratique devrait donc être encouragée.
Toutefois, en raison des différences existant entre les espèces relativement
aux techniques de capture avec graciation, on recommande la poursuite des
recherches afin d’élaborer des directives particulières aux espèces.
Introduction
Au cours des dernières décennies, la remise à l’eau est devenue une pratique courante auprès des pêcheurs. Dans un rapport des pêcheries sportives de l’Ontario produit en 2000, seulement 5% des pêcheurs ayant pris part à l’étude ont affirmé ne pratiquer aucune graciation (OMNR 2003). La remise à l’eau peut être pratiquée de façon volontaire ou par le support de la règlementation. En Ontario, les limites de taille sont utilisées comme technique de gestion dans plusieurs plans d’eau pour une variété d’espèces piscicoles. Il peut être obligatoire de gracier un poisson s’il sa taille est inférieure à la taille minimum, supérieure à la taille maximum permise, ou encore dans une tranche de taille protégée. De plus, les pêcheurs peuvent pratiquer la remise à l’eau de façon volontaire comme technique de conservation.
L’une
des composantes de base de l’augmentation de la graciation, tant chez les
pêcheurs que chez les gestionnaires, est la présomption que le poisson gracié
survit à cette expérience. Cette présomption provient de l’observation du fait
que lorsqu’un poisson est relâché suite à sa capture, il s’éloigne par
lui-même, apparemment sans heurt. Par contre, la recherche indique que la
majeure partie de la mortalité se produit quelques temps après la remise à
l’eau (Muoneke et Childress, 1994), et c’est donc dire que les poissons
apparemment an santé lors de la graciation peuvent souffrir plus tard de
blessures ou de détresse causés par la pratique de la remise à l’eau. Étant
donné l’impact potentiel de la mortalité sur le succès de la remise à l’eau et
tant que mesure de gestion, on constate un accroissement de la demande afin de
comprendre le taux de mortalité causé par la graciation et pour déterminer
comment les différents facteurs peuvent affecter le taux de survie des
poissons.
L’impact
de la mortalité causé par la pratique de la remise à l’eau est souvent
sous-estimé tant par les pêcheurs que par les gestionnaires de la ressource. En
tenant en ligne de compte 118 études sur la remise à l’eau qui, au total,
comptent des données sur plus de 120000 poissons, la moyenne de la mortalité
associée à la pêche avec graciation était de 16.2%. Ainsi, bien que plusieurs
pêcheurs présument que par la pratique de la remise à l’eau, ils n’ont aucun
impact sur la population de poisson, un nombre significatif des poissons
relâchés peuvent mourir. De surcroît, plusieurs pêcheurs continueront à pêcher
après avoir effectué leur nombre légal de captures sous prétexte qu’ils
relâcheront toutes les captures subséquentes, mais souvent ils ne tiendront pas
compte du nombre de poissons qui mourront par inadvertance des suites de cette
pratique.Le but de la présente étude est de synthétiser la connaissance
actuelle reliée à la pêche avec remise à l’eau et de développer des lignes
directrices afin de minimiser la mortalité engendrée par la pratique de la
remise à l’eau. Bien que les tournois de pêche connaissent une augmentation en
Ontario, cette étude n’examine pas les spécificités de la pêche de tournoi. Par
contre, dans certains cas, des données provenant de recherches spécifiques sur
les tournois seront présentées, lorsqu’elles peuvent être appliquées à des
situations de pêche hors-tournoi. Étant donné la nature toute particulière de
la pêche de tournoi et l’augmentation de la popularité de ces même tournois,
une étude des pratiques des tournois devrait être réalisée.
Variables
influant une remise à l’eau avec succès
Réponse
physiologique : Un certain nombre d’études ont tenté de déterminer les
effets physiologiques reliés à la pratique des procédures de graciation. De ces
études, certains effets peuvent être identifiés. Un combat inutilement prolongé
peut mener à l’épuisement. Ceci se caractérise par une forte augmentation
d’acide liée aux protons du fluide extra-cellulaire de muscles mal perfusés.
Plus spécifiquement, cela cause une augmentation des niveaux de lactates dans
le sang et l’affaissement des lamelles des branchies, ce qui engendre une
élimination quasi complète des transferts des gaz. Ainsi, les niveaux de CO2
dans le sang augmentent alors que les niveaux d’O2 diminuent. Le combat jusqu’à
épuisement et l’exposition à l’air sont maintenant reconnus pour leur
augmentation du rythme cardiaque et leur diminution de l’efficacité du muscle
cardiaque. Bien que la réponse physiologique des poissons aux pratiques de
remise à l’eau soit relativement bien comprise, on en sait encore peu sur
l’impact cumulatif des ces facteurs de stress.Certains effets du stress causé
par la graciation sont la diminution du taux de croissance, la diminution de
l’efficacité reproductrice et l’augmentation de la sensibilité à certaines
maladies et à certains pathogènes. Clapp et Clark (1989) ont découvert que le
taux de croissance de l’achigan à petite bouche était relié au nombre de fois
où il avait été piqué, et donc que les ferrage et / ou le combat réduisait
cette croissance. Mason et Hunt (1967) ont examiné sur une période de quatre
mois la survie et la croissance de truites arc-en-ciel qui avaient été profondément
piquées. Ils ont révélé que du nombre des poissons qui avaient survécu jusqu’à
la fin de la recherche, il n’y avait pas de diminution marquée du taux de
croissance des poissons relâchée, même chez les spécimens dans lesquels on
avait laissé les hameçons. En examinant les effets de la graciation sur le
succès à la reproduction, Booth et al. (1994) ont découvert qu’il n’y avait pas
de différence significative dans la survie des œufs tant chez des saumons
atlantiques pêchés à la ligne et relâchés que chez les saumons non graciés.
Tout au contraire, Cooke et al. (2000) ont démontré que pour l’achigan à grande
bouche, qui apporte une protection parentale aux œufs, les individus capturés
et graciés montraient une augmentation de la tendance homophage et du délaissement
des petits. De la même façon, on a prouvé que la capacité à défendre le nid de
l’achigan à petite bouche diminuait suite à une capture des spécimens adultes
sur leur nids (Suski et al., 2003). Ainsi, au moins pour certaines espèces, on
a maintenant la preuve que la pratique de la remise à l’eau peut mener à une
réduction de la croissance ou du taux de succès à la reproduction.
En
plus du stress physiologique non mortel, la pratique de la graciation cause des
blessures qui, malgré le fait qu’elles ne soient pas initialement mortelles,
peuvent avoir un impact négatif sur le poisson. Par exemple, les hameçons
peuvent endommager les branchies, la mâchoire, l’œsophage et les yeux. Ces
blessures peuvent limiter la capacité à se mouvoir, à se nourrir ou à se
reproduire, ce qui entraîne la perte de poissons en santé au sein d’une
population.
Type
d’hameçon
Bien
que des variation considérables existent entre les différentes espèces au
niveau des effets du type d’équipement en ce qui a trait à la mortalité suite à
la graciation, plusieurs généralisations peuvent être faites. Alors qu’il y ait
quelques variations entre les espèces, l’utilisation de « circle hooks » réduit
le taux de mortalité. Les circle hooks diffèrent des hameçons traditionnels de
type « J » de par leur forme, puisque la pointe de ces hameçons est
perpendiculaire à la hampe (ou dos). On a déjà démontré que les circle hooks
étaient moins susceptibles d’être enfoncés profondément; toutefois, on a aussi
noté que chez les crapets, il y avait une augmentation possible de l’incidence
des blessures au yeux (Cooke et al. 2003b). Dans une étude sur l’efficacité des
circle hooks, Cooke et Suski (2004) ont découvert que l’utilisation de ce type
d’hameçon diminuait le taux de mortalité général d’environ 50%, bien qu’on ait
remarqué des variations entre les espèces.Les hameçons sans ardillons sont
souvent recommandés comme alternative aux hameçons traditionnels afin de
diminuer le taux de mortalité suite à la remise à l’eau. En fait, le Manitoba
et l’Alberta ont même modifié leur règlementation afin que seuls les hameçons
sans ardillons soient utilisés, désirant ainsi diminuer la mortalité des
poissons graciés dans ces mêmes provinces. On a démontré que les hameçons sans
ardillons diminuaient le temps de manipulation en rendant la tâche de retirer
les hameçons plus facile, ce qui diminuait par la même occasion la mortalité
(Cooke et al., 2001). Schaeffer et Hoffman (2002) ont aussi prouvé que le temps
de décrochage était réduit lors de l’utilisation d’hameçons sans ardillons,
mais cette même étude a aussi indiqué que les pêcheurs capturaient 22% plus de
poissons en utilisant des hameçons avec ardillons qu’en utilisant des hameçons
sans ardillons. De la même manière, l’utilisation d’hameçons sans ardillons s’est
avérer réduire la mortalité chez les truites (Taylor et White, 1992). On a
aussi émis la suggestion que les hameçons sans ardillons diminuent les dommages
aux tissus. Donc, bien que les hameçons sans ardillons soient généralement
moins dommageables pour le poisson, certains pêcheurs peuvent hésiter à les
utiliser parce qu’ils craignent de diminuer ainsi leur succès de pêche.
Appâts
vivants VS artificiels
L’influence
du type d’appât a aussi été examinée dans un certain détail. On a découvert que
la mortalité suite au ferrage était beaucoup plus élevée avec des appâts
naturels qu’avec des appâts artificiels pour le bar rayé (Wilde et al., 2000).
De manière similaire, les hameçons appâtés de vers sont avalés plus
profondément que les leurres artificiels et les mouches chez les crapets, ce
qui mène à une plus forte mortalité (Siewert et Cave, 1990). Dans une étude
comparative de la mortalité du doré suite au ferrage avec des sangsues
naturelles et des sangsues artificielles, la mortalité fût de 10% et de 0%
respectivement, et l’utilisation de sangsues naturelles était aussi liée à
l’enfoncement de l’hameçon plus en profondeur (Prayer et al., 1989). Des
données pour l’achigan à petite bouche révèlent aussi une mortalité de 11% avec
l’utilisation de menés et de 0% avec l’utilisation des leurres tournants (Clapp
et Clark, 1989)
Récemment,
l’utilisation de leurres olfactifs artificiels a connu une augmentation. On
croit que les leurres olfactifs artificiels sont attaqués de la même façon que
les leurres naturels par les poissons, ce qui augmente la mortalité. Supportant
cette hypothèse, Schisler et Bergersen (1996) ont découvert que la mortalité au
ferrage était significativement plus élevée lorsque les poissons étaient
capturés sur des leurres odoriférants que lorsque des leurres sans odeurs
étaient utilisés. Par contre, Dunmall et al. (2001) one démontré que les
leurres odoriférants n’ont pas d’effets sur la mortalité de l’achigan à petite
bouche. Ces études nous portent à croire que l’utilisation de leurres organiques,
et possiblement de leurres olfactifs artificiels, était liée à une ingestion
plus profonde de l’hameçon, ce qui augmente les chances de blessures lors du
décrochage et augmente la durée de manipulation et d’exposition à l’air. Donc,
la mortalité reliée à la remise à l’eau peut être réduite par l’utilisation de
leurres artificiels.
Emplacement
de l’hameçon
On
a déjà prouvé que la situation de l’hameçon affectait la mortalité à la
graciation. Le taux de mortalité de la perche blanche est directement reliée à
l’emplacement de l’hameçon suite au ferrage, et toutes les incidences de
mortalité impliquaient des dommages aux régions viscérales par l’hameçon
(Aalbers et al., 2004). Des résultats similaires ont été trouvés pour l’achigan
à grande bouche, chez qui 56% des poissons ferrés dans l’œsophage sont morts,
alors que la mortalité des poissons ferrés ailleurs n’était pas vraiment
différente de celle des poissons n’ayant pas été ferrés du tout (Pelzman,
1978). Dextrase et Ball (1991) ont découvert que le taux de mortalité des
truites grises était en grande partie limité aux seuls poissons ayant été
ferrés profondément. La mortalité chez le brochet du nord est aussi plus forte
chez les individus ferrés profondément (Dubois et al., 1994). Schisler et Bergersen
(1996) ont affirmé que la mortalité des truites arc-en-ciel était
significativement plus élevée pour les poissons ferrés dans les arches des
branchies ou l’œsophage que pour les poissons ferrés superficiellement et cette
plus forte mortalité était attribuée l’intensité du saignement associé à
l’emplacement de l’hameçon. Toutes ces recherches démontrent que les poissons
ferrés en profondeur souffrent d’une plus forte mortalité.Bien que l’on
comprenne l’augmentation du taux de mortalité associée au ferrage profond, il y
a moins de certitudes à savoir si on devrait couper la ligne pour les poissons
ayant avalé l’hameçon trop profondément ou si on devrait tenter de retirer
l’hameçon, risquant possiblement de provoquer plus de blessures et une plus
grande exposition à l’air pour le poisson. Albers et al. (2004) ont examiné la
croissance et la survie de perches blanches plus de 90 jours suite à leur
capture et ils ont découvert que le taux de survie des poissons graciés en
laissant l’hameçon en place était plus grand, comparativement aux poissons
auxquels on avait retiré les hameçons, mais que la croissance était diminuée.
Lorsque les hameçons étaient retirés, la mortalité était de 65%, alors qu’elle
était de 41% lorsque les hameçons étaient laissés en place. Des poissons
relâchés avec les hameçons au cours de cette recherche, 39% avaient réussi à se
défaire de l’hameçon par eux-mêmes avant la fin de l’étude, mais pour les
hameçons toujours en place, très peu de dégradation a été remarquée. Ces
résultats sont semblables à ceux de Mason et Hunt (1967), qui ont examiné
l’effet de l’enlèvement des hameçons sur la survie de la truite arc-en-ciel
jusqu’à quatre mois après la graciation. Deux tiers des poissons relâchés sans
retirer les hameçons ont survécu, alors que seulement 11.5% des poissons
desquels on a retiré les hameçons ont survécu. De plus, des poissons ayant
survécu avec les hameçons toujours en place, plus de la moitié avaient réussi à
se débarrasser de l’hameçon avant la fin de la recherche. Schill (1996) a
découvert que de couper la ligne pour les truites arc-en-ciel ayant avalé
l’hameçon trop profondément réduisait la mortalité de 58% à 36%, et 60% à 74%
des poissons relâchés avec l’hameçon en place avaient réussi à s’en débarrasser
avant la fin de l’étude. On a suggéré récemment que pour les espèces telles que
l’achigan et le doré, il est possible de réduire la mortalité causée par le
ferrage en profondeur en retirant les hameçons par les branchies (Strange,
2003). Par contre, à cette date, aucune étude scientifique n’a été menée pour
tenter de démontrer l’efficacité de cette technique. Donc, malgré le nombre
limité d’études qui ont examiné l’effet du ferrage en profondeur sur la
mortalité, il apparait que pour certaines espèces, la mortalité peut être réduite
si les poissons ayant avalé l’hameçon trop profondément sont relâchés sans
qu’on en retire les hameçons.
Saignement
Myers
et Poarch (2000) ont démontré que la présence de saignements chez les achigans
à grande bouche capturés était reliée tant à la mortalité qu’à la situation de
l’hameçon. Des 19 poissons ayant des saignements, 47% sont morts, alors que
seulement 20% des poissons ne saignant pas sont morts. Des saignements ont été
répertoriés chez 48% des poissons ferrés dans la gorge et 50% des poissons
ferrés dans les branchies, alors que seulement 1% des poissons ferrés dans la
gueule saignaient. De la même façon, des résultats pour l’ombre arctique
montrent que l’intensité des saignements était reliée à la localisation de
l’hameçon, bien que dans cette étude, on n’a pas établi de lien entre
l’intensité des saignements et la mortalité (Clark, 1991). Schisler et
Bergensen (1996) ont découvert que la mortalité de la truite arc-en-ciel était
intimement liée à l’intensité des saignements. Leur modèle prévoyait que la
probabilité de mortalité augmentait de 16% dans les cas sans saignements à 40%
dans les cas de saignements abondants. On a aussi prouvé que la mortalité était
fortement reliée aux saignements chez les truites « cutthroat ». Pour cette
espèce, la mortalité était de 6.5% pour les individus ne saignant pas et de
52.8% pour les individus qui saignaient (Pauley et Thomas, 1993). Toutes ces
études démontrent que l’incidence de mortalité augmente si le poisson saigne,
et que conséquemment, les pêcheurs devraient conserver les prises qui saignent
abondamment.
Profondeur
de la capture
Lorsqu’un
poisson est capturé et récupéré rapidement dans des eaux profondes, des
blessures peuvent survenir de la dépressurisation. La dépressurisation peut
entrainer un gonflement excessif de la vessie natatoire, une incapacité à la
submersion suite à la graciation, une embolie des gaz, des hémorragies internes
et / ou externes et même la mort. Les espèces de poisson d’eau douce ont l’un
ou l’autre type de vessie natatoire. Les carpes, ésocidés, truites et saumons
ont un conduit reliant la vessie natatoire au canal alimentaire. Ces espèces
peuvent expulser les gaz et faire des ajustements de flottabilité plus
rapidement que les achigans, dorés, perchaudes et crapets qui n’ont pas de
conduit entre la vessie natatoire et le canal alimentaire et qui se serve de la
diffusion pour dégonfler leur vessie natatoire. Ainsi, bien que la sensibilité
à la dépressurisation varie entre les espèces, elle est potentiellement une
source significative de mortalité (Kerr, 2001).
Afin
de gracier les poissons souffrant de dépressurisation, une technique appelée «
fizzing » a été développée pour dégonfler artificiellement la vessie natatoire
en lui faisant une ponction avec un instrument pointu. Dans une étude sur le
fizzing, Kerr (2001) a suggéré que cette pratique devrait être découragée,
puisque des dommages importants pouvaient en découler, et aussi que la pêche en
eau profonde (5 à 6 m) devrait être restreinte si on prévoit gracier les
captures. Kerr (2001) a aussi étudié différentes alternatives au fizzing pour
la remise à l’eau de poissons capturés en eau profonde. Ces techniques
impliquaient la descente des poissons à la profondeur où ils avaient été
capturés pour la graciation, grâce à un poids amovible ou une cage submersible.
Bien que peu de recherche ait été faite pour déterminer l’efficacité de ces
alternatives, elles sont plus fortement recommandées que le fizzing. Afin
d’éviter la décompression potentielle, la remise à l’eau de poissons capturés
en profondeur devrait être évitée.
Température
Les
études semblent porter à croire que la mortalité suite à la remise à l’eau est
directement reliée à la température de l’eau, cette mortalité augmentant dans
les températures extrêmes. Dans une comparaison saisonnière de la mortalité des
crapets, Muoneke (1992b) a découvert était plus forte en été lorsque la
température de l’eau était à son plus haut. Toutefois, cette étude ne tenait
pas compte d’autres variables comme la différence du taux d’alimentation ou du
statut de reproduction, qui peuvent avoir augmenté la mortalité durant l’été.
De la même façon, on a démontré que la mortalité de la truite cutthroat
augmentait de 0 à 8.6% alors que la température de l’eau augmentait de 8 degrés
Celsius à 16 degrés Celsius (Dotson, 1982). Lors d’une méta-analyse de la
mortalité de l’achigan reliée aux tournois de pêche, on a découvert une forte
relation entre la température de l’eau et la mortalité tant avant qu’après la
graciation (Wilde, 1998). Les études sur les tournois de pêche au doré
indiquent une augmentation de la mortalité avec la température de l’eau et
suggèrent que les tournois devraient être limités au printemps et à l’automne
(O’Neil et Pattenden, 1992), ou encore lorsque la température de l’eau est
inférieure à 15.6 degrés Celsius (Boland, 1994). Wilkie et Al. (1997) ont étudié
la physiologie des saumons atlantiques suite à l’exercice à 12, 18 et 23 degrés
Celsius, et ont révélé que la récupération était à son plus lent à 12 degrés.
Toutefois, il y avait aussi une mortalité beaucoup plus forte à 23 degrés. Ces
résultats suggèrent que l’eau plus chaude facilite la récupération mais qu’une
température extrêmement haute augmente la mortalité.
Nuhfer
et Alexander (1992) ont prouvé que la mortalité augmentait avec la température
de l’eau chez les ombles de fontaine qui saignaient par les branchies ou la
gorge de suites d’un ferrage. On a aussi démontré que la mortalité augmentait
avec la température de l’eau pour l’achigan à petite bouche (Cooke et Hogle,
2000), pour l’achigan à grande bouche (Gustaveson et al., 1991; Meals et Miranda,
1994) et pour le bar rayé (Nelson, 1998). Fait intéressant, Bettoli et Osborne
(1998) one révélé que la mortalité du bar rayé était linéairement reliée à la
température de l’air mais non à la température de l’eau, suggérant que la
température de l’air durant l’exposition à l’air pourrait être plus
déterminante de la survie du poisson gracié que la température de l’eau. Ces
études démontrent que la mortalité suite à une remise à l’eau augmente avec la
température de l’eau et qu’une attention particulière devrait être apportée
lorsque l’on pêche dans des conditions très chaudes.
Il
y a eu des questionnements similaires en ce qui concerne la graciation des
poissons capturés à la pêche sur la glace et qui sont exposés à des
températures froides. Il a été suggéré que les yeux ou les branchies peuvent
être endommagées par le gel lors de journées extrêmement froides. Par contre,
les études visant la survie du doré suite à la remise à l’eau dans des
conditions de pêche sur la glace n’ont pas démontré l’incidence de dommages ou
de mortalité causés par une exposition à une température froide (Ellis, 2000).
Ainsi, bien qu’une brève exposition du poisson à une température froide puisse
ne pas causer de mortalité ou de dommages, il est préférable de minimiser le
temps que le poisson passe hors de l’eau à la pêche sur la glace.
Type
d’épuisette
Malgré
l’utilisation répandue d’épuisettes par les pêcheurs, il y a eu relativement
peu de recherche au sujet des dommages causés par leur utilisation ou pour
déterminer quel type de filet entraîne le moins de blessures pour le poisson.
De façon générale, il est recommandé de réduire le plus possible l’utilisation
d’une épuisette puisqu’on croit qu’elle augmente les dommages causés aux
nageoires et qu’elle peut enlever la couche de mucus protégeant la peau du
poisson, augmentant ainsi sa sensibilité aux maladies. Barthel et al. (2003)
ont examiné les effets des types de maille de filets sur les blessures et la
mortalité chez les crapets. Ils ont quantifié les effets de la mise au filet
pour une période de 168 heures suite à la capture et ont démontré qu’il n’y
avait aucune mortalité chez les individus capturés sans épuisette alors que les
individus capturés à l’aide d’une épuisette avaient un taux de mortalité de 4 à
14%. Ils ont aussi constaté une abrasion des nageoires caudales et pectorales
et des effets sur la peau (perte d’écailles et de mucus). Des quatre types de
mailles de filet comparés (caoutchouc, nylon sans nœuds, nylon à nœud fin et
nylon à gros nœud), les types de mailles comportant des nœuds menaient à des
blessures plus importantes et à une plus grande mortalité que le caoutchouc ou
la maille sans nœud. Ainsi, les blessures (et par conséquent la mortalité)
peuvent être réduites si l’utilisation de l’épuisette est limitée aux seuls
moments où il est impossible de décrocher et contrôler le poisson de manière
sécuritaire pour limiter les dommages qu’il pourrait s’infliger sans utiliser
de filet. Toutefois, lorsque l’utilisation d’une épuisette est requise ou
préférée, il vaut mieux en utiliser une faite de caoutchouc ou de maille sans
nœud.
Pour
la manipulation de gros poissons (ex. maskinongé), l’utilisation de civières
est souvent suggérée afin de minimiser le stress du poisson. Les civières sont
composées de filet tressé entre deux tiges pour respecter la forme du poisson.
L’utilisation d’une civière permet au poisson d’être restreint dans l’eau, ce
qui permet le décrochage des hameçons. De plus, une règle peut être incorporée
à la construction de la civière pour permettre la mesure du poisson alors qu’il
demeure dans l’eau. Bien qu’il n’y ait encore eu aucune recherche sur les
avantages de l’utilisation de la civière pour les gros poissons, son
utilisation est généralement reconnue comme bénéfique au poisson (Smith, 2001).
Exposition à l’air
Ferguson
et Tufts (1992) ont prouvé qu’il y a des effets directs de la durée de
l’exposition à l’air sur la mortalité de la truite arc-en-ciel. Les truites
poursuivies pendant 10 minutes avaient un taux de survie de 88%, mais ce taux
de survie tombait à 62% pour les poissons subséquemment exposés à l’air pour 30
secondes et la survie était de seulement 28% pour les poissons exposés à l’air
pour 60 secondes (Ferguson et Tufts, 1992). Cooke et al. (2001) one examiné le
lien entre l’exposition et les blessures et dérangements cardiaques chez le
crapet. Alors que l’exposition à l’air ne menait pas à une augmentation de la
mortalité, une diminution du rythme cardiaque pouvait être observée durant
l’exposition et ce même rythme cardiaque augmentait à nouveau après que les
poissons soient remis dans l’eau. Une capture simulée (les poissons étaient
pourchassés durant 30 secondes) entraînait une augmentation du rythme cardiaque
et des battements cardiaques irréguliers. Les poissons exposés à l’air pendant
30 secondes avaient besoin de 2 heures pour une récupération complète et un
retour à un rythme cardiaque normal alors que les poissons exposés à l’air
pendant 180 secondes avaient besoin de 4 heures pour récupérer (Cooke et al.,
2001). Ces études démontrent les effets négatifs de l’exposition à l’air, et
soulignent la nécessité de réduire le temps de manipulation et l’exposition à
l’air pour la remise à l’eau.
Temps
de récupération
En
plus des effets immédiats de la graciation, les poissons peuvent ne pas se
remettre physiologiquement avant quelques temps suite à la remise à l’eau.
Beggs et al. (1980) ont affirmé que les maskinongés capturés par des pêcheurs
avaient besoin de 12 à 18 heures pour se remettre de l’augmentation d’acide
dans leurs muscles suite au combat. Des périodes de récupération similaires ont
été observées chez le saumon atlantique sauvage, qui, après une lutte d’environ
10 minutes, avaient des quantités d’acide extracellulaire qui duraient environ
4 heures et un niveau de lactate sanguin qui demeurait élevé pour au moins 8
heures (Tufts et al., 1991). Dans une étude comparative entre de la truite
arc-en-ciel d’élevage et la truite arc-en-ciel sauvage, Wydoski et al. (1976)
ont découvert que la capture par un pêcheur sportif [induced increased chloride
levels in the blood and plasma osmolarity changes] qui revenaient à la normale
en 8 heures. Cooke et al. (2003a) one examiné la réponse cardiaque de l’achigan
à grande bouche à des simulations de capture et ont découvert qu’approximativement
135 minutes étaient nécessaires afin que les variables cardiaques ne reviennent
à la normale pré-simulation. Le temps nécessaire à la récupération complète du
poisson suite à la remise à l’eau peut expliquer partiellement pourquoi la
mortalité survient après la graciation.
Taille
du poisson
On
croit que la taille du poisson est reliée à la mortalité suite à la remise à
l’eau parce que les poissons de grande taille sont plus difficiles à manipuler,
ce qui fait qu’une plus grande mortalité devrait être observée chez les plus
gros poissons. Cette hypothèse est soutenue par Meals et Miranda (1994), qui
ont prouvé que la mortalité des achigans à grande bouche capturés dans le
contexte d’un tournoi était beaucoup plus forte (29% VS 9%) chez les sujets
plus grands que 18 pouces lorsqu’on les comparait à des sujets de 12 à 14
pouces. De la même manière, dans une méta-analyse de la mortalité reliée aux
tournois d’achigan, Wilde (1998) a démontré une relation non-significative mais
tout de même positive entre la taille du poisson et la mortalité initiale. Par
contre, le taux accru de mortalité observé chez les grands sujets dans ces
études peut être attribué au nombre trop élevé de poissons dans le vivier et à
l’absorption trop grande d’oxygène dans ce même vivier, et peut-être pas à un
lien direct entre la taille du poisson et la mortalité. Plusieurs études ont
aussi démontré la relation entre la mortalité et la taille du sujet et n’ont
découvert aucun lien significatif (Titus et Vanicek, 1988; Schill, 1996). Il
est important de remarquer que les études mentionnées ici ont examiné la
mortalité et la taille des sujets dans une même espèce, et non entre les
espèces. Les études intraspécifiques sont difficiles à interpréter parce que
tous les liens entre la taille du poisson et la mortalité peuvent être
attribués à d’autres facteurs qui diffèrent d’une espèce à l’autre, tel que les
habitudes de nutrition et la morphologie de la gueule. Par contre, il peut être
raisonnable de croire que les grandes espèces comme le maskinongé et le grand
brochet peuvent être plus susceptibles de mortalité que les espèces plus
petites. Ces grands poissons luttent souvent pendant plus longtemps et sont
manipulés plus longtemps pour les photos, et cela mène à de plus grandes altérations
physiologiques suite à la capture. Donc, une attention particulière devrait
être portée à la manipulation de grands poissons afin de minimiser les
blessures et la mortalité.
Conseils au niveau de la pratique de la remise
à l’eau
Une
vaste partie de la recherche sur la remise à l’eau à ce jour s’est concentrée
sur des réponses intraspécifiques au sujet de facteurs potentiels pouvant
causer la mortalité. Par contre, étant donné le grand nombre d’études qui ont
été complétées jusqu’à présent, bon nombre de règles générales apparaissent.
Ainsi, bien qu’on doive être aux aguets lorsqu’on applique des découvertes
spécifiques à une espèce à d’autres espèces, les recommandations suivantes sont
des lignes générales basées sur la connaissance collective qui peuvent être
utilisées afin de réduire la mortalité de la plupart des espèces suite à la
remise à l’eau.
Techniques de pêche
1.
Des circle hooks devraient être utilisés puisqu’ils minimiseront les chances
d’un ferrage trop profond 2. Des
hameçons sans ardillons sont recommandés parce qu’ils sont plus faciles à
retirer et qu’ils réduisent le temps de manipulation du poisson 3. L’utilisation d’appâts naturels /
organiques devrait être découragée parce qu’elle augmente les chances que le
poisson avale le leurre trop profondément
4. On devrait encourager l’emploi de leurres artificiels 5. Les lignes à pêche ne devrait jamais être
laissées sans surveillance puisqu’elles augmentent les chances d’un ferrage
blessant le poisson 6. La ligne
utilisée devrait être appropriée à l’espèce recherchée. Cela réduit les risques
de ligne qui se brise et cela réduit la durée du combat 7. Si vous désirez faire de la remise à
l’eau, évitez les températures extrêmes
La
capture du poisson
1.
Le poisson ayant été ferré devrait être récupéré le plus rapidement possible
afin d’éviter son épuisement 2. Une
fois près du pêcheur, le poisson devrait être immobilisé à la main autant que
possible 3. Lorsqu’un filet est
nécessaire, on devrait en utiliser un sans nœuds ou encore de caoutchouc
4.
Lorsqu’on veut immobiliser de grands poissons comme le maskinongé, on devrait
considérer l’utilisation d’une civière
Décrocher
le poisson
1. Avoir des pinces à bout fin (« longnose »)
disponibles et accessibles pour retirer les hameçons 2. Retirer les hameçons rapidement en
gardant le poisson dans l’eau 3. Si
l’hameçon est trop profondément avalé par le poisson, couper les hamecons et
enlever les morceaux qui peuvent rester
4. Éviter d’utiliser des hameçons inoxydables
Manipuler
et photographier un poisson
1.
Garder le poisson dans l’eau le plus possible et éviter l’exposition à
l’air 2. Ne jamais mettre les doigts
dans les branchies ou dans les yeux 3.
Ne pas tenir de très gros poissons seulement par la mâchoire pour ne pas
endommager les vertèbres ou la gueule
4. Tenir les gros poissons à l’horizontale en en supportant le ventre
pour éviter les dommages aux organes internes
5. Se mouiller les mains avant la manipulation ou utiliser des gants de
tissu mouillés 6. S’assurer que la
caméra est prête avant la manipulation du poisson pour minimiser l’exposition à
l’air 7. Si possible, prendre la photo
du poisson alors qu’il demeure dans l’eau
8.Ne Pas Passer le poisson à autrui pour une session de photo 9.Prenez les mesures dans l'eau
10.
Évitez de prendre des mesures de circonférence non digne de celle-ci 11.
Évitez de mesuré la circonférence à l'extérieur de l'eau. 12. Minimiser toute exposition à l'extérieur
de l'eau soit en température d'air ou d'eau chaude ou froide
Dépressurisation
1.
Éviter de pêcher en grande profondeur (10 m) si vous prévoyez faire de la
remise à l’eau 2. Prendre en
considération la profondeur de la capture avant de remettre un poisson à l’eau 3. Gracier le poisson le plus tôt possible
une fois qu’il est près du pêcheur 4.
Éviter le dégonflement artificiel de la vessie natatoire (fizzing)5. Certain
poisson pris dans le courant peuvent démontré un signe de dépressurisation mais
cela est de l'air pris dans la vessie natatoire du à une monté soudaine.
Phase de récupération
1. S’il y a du courant, tenir le poisson droit
avec la tête face au courant
2.
Lorsque le poisson s’agite ou demeure à l'endroit par lui même, le laisser
partir de lui-même
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